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En juin 2007, le ministre Xavier Darcos déclare : « l'école ne peut rester immobile face aux dangers qui pèsent sur ceux dont l'avenir est sa raison d'être. » Le Ministre, a, à ce moment-là demandé à tous les recteurs de prendre les dispositions nécessaires pour alerter l'ensemble des acteurs éducatifs des dangers de la pratique du jeu dit du « foulard ».
Dans les cours de récréation, à l'extérieur de l'école, les « jeux » dangereux et les pratiques violentes constituent un phénomène marginal mais en augmentation. Le ministère de l'Éducation nationale s'est donc attaché, dans le cadre de sa politique de prévention globale des conduites à risques, à mieux accompagner les actions à mettre en œuvre dans les établissements pour lutter contre ces pratiques.
Les jeux dangereux : qui, comment ?
Le « jeu du foulard » est un jeu d'étranglement qui se pratique seul ou à plusieurs et dont l'objectif est de provoquer un évanouissement, en principe de courte durée, réputé provoqué des sensations de bien-être particulier : il n'y a ni agresseur ni victime, chacun est consentant.
Les jeunes qui s'adonnent à cette pratique sont relativement peu nombreux mais la réalité des chiffres est difficile à établir. En effet, certains le font pour ne pas « se dégonfler » devant les autres, d'autres qui sont déjà habitués à des conduites à risques, sont à la recherche de sensations. Il faut insister sur le fait que les enfants suicidaires ne jouent que rarement au jeu du foulard. Leur logique n'est pas celle du plaisir, ce que recherchent les pratiquants de ce jeu.
C'est essentiellement un jeu de garçons, peu de filles s'y livrent, et il s'agit de très jeunes enfants(1) (11-13 ans). Que les enfants soient étrangleurs ou étranglés, ils sont complètement inconscients des risques : « ils ne pensent pas à faire du mal ». Il n'en demeure pas moins que ces élèves font l'objet de sanctions disciplinaires et s'exposent à des sanctions pénales.
En fait, c'est la non-oxygénation du cerveau qui provoque un évanouissement. Selon les médecins, l'hypoxie peut être la cause d'un arrêt cardiaque, aux conséquences plus ou moins graves. Les altérations cérébrales s'aggravent seconde après seconde.
Le document ministériel (avril 2007) : « les jeux dangereux et les pratiques violentes ».
Ce document fort détaillé insiste sur le fait que la vigilance des éducateurs est primordiale dans la prévention de ces conduites à risques qui dépassent le seul « jeu du foulard ». D'autres pratiques violentes existent dans les établissements scolaires. En effet, le document distingue les jeux de non-oxygénation des jeux d'agression. Parmi ceux-ci, le dénominateur commun est l'usage de la violence physique gratuite, généralement par un groupe de jeunes envers l'un d'entre eux.
Il existe par ailleurs des jeux intentionnels et des jeux contraints :
Dans les premiers, tous les enfants participent : le jeu du « mikado » ou celui de la « cannette ». Le principe est toujours le même : un objet est lancé et l'élève qui ne le rattrape est frappé par les autres.
Au contraire, dans les jeux contraints, un enfant subit la violence du groupe, et est clairement identifié comme une victime. Le « jeu de la couleur » où l'enfant qui porte le plus grand nombre de vêtements de couleurs est désigné dès le matin et est frappé et humilié toute la journée...
Il est clair que, quel qu'ils soient, ces jeux peuvent avoir des conséquences graves tant au niveau physique qu'au niveau psychologique.
C'est la raison pour laquelle le document établi par la direction générale de l'enseignement scolaire, insiste sur les signes dits « d'alerte » et sur les comportements à adopter quand de tels comportements apparaissent dans un établissement scolaire. En outre le message doit être clair et informé et apporté par des adultes et adressé à des adultes parce que cette information constitue un passage incontournable pour que le dialogue avec les élèves soit établi.
Source : Dossier réalisé par Frédérique Thomas-Bion, professeur agrégée, docteur en STAPS, Université Blaise-Pascal, Clermont-Ferrand II.
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Pour ceux que ça intéresse, je voudrai conseiller ce livre (dont vous voyez la couverture en photo plus haut ;)) que je viens de finir et qui est excellent sur le sujet :
"Attention Jeux Dangereux"
de Magali Duwelz et Philippe Martinet
aux Editions "Le Cercle des Auteurs"
Publié en 2006
4ème de couverture : Le 16 novembre 1995, Benjamin Duwelz, âgé de dix ans et demi est retrouvé pendu à l'essuie-mains dans les toilettes de son école. Il décédera 6 jours plus tard des suites de ses blessures. Après enquête, il s'avère que Benjamin a été victime d'un jeu dangereux : le " jeu du foulard " avec le "t'es pas cap". De cette tragédie, une association est née : SOSBENJAMIN. Magali Duwelz accomplit un formidable travail de prévention sur le terrain. Le jeu du foulard, le jeu du pendu, le jeu du petit pont, le jeu de l'avc, le jeu de la canette, le jeu de la tomate... Ces noms ne vous disent peut-être rien mais les enfants, vos enfants les connaissent sûrement. Des jeux violents, dangereux aux effets dramatiques pour la santé. Malheureusement, ils entraînent parfois la mort. Il faut donc savoir qu'ils existent pour se protéger, organiser la prévention, réagir. Il est nécessaire de sensibiliser le public à ce problème, d'aller à la rencontre des familles et professionnels pour les informer. Notre objectif est de vous donner la possibilité de reconnaître l'existence de ces pratiques pour mieux agir. L'ouvrage Alerte aux jeux dangereux a une visée informative et préventive. Communiquer est le meilleur moyen de démasquer ces conduites à risques et d'intervenir avant qu'il ne soit trop tard. Pour que le plaisir de jouer et de s'amuser reste l'innocence de l'enfance.